La psychothérapie transpersonnelle est à ses débuts une construction typiquement européenne avec le suisse C.-G. Jung (qui utilisa le premier le terme de überpersonlisch en 1916), l'italien Roberto Assagioli et la psychosynthèse, les français Robert Desoille et le rêve-éveillé ou Pierre Weil et le cosmodrame, l'autrichien Victor Frankl et la logothérapie, l'allemand Graf Dürckheim et la thérapie initiatique ... Jung (1875-1961) s'est très tôt rendu compte des limitations de Freud, incapable d'expliquer ce qu'il y a de plus élevé en l'homme à partir de ce qu'il a de plus bas. Et il a pensé que la clé des perturbations se trouvait dans l'échec à se relier à ce qu'il a de plus haut. La réconciliation avec le meilleur de soi-même et son processus de croissance intérieure peut se faire lors d'une expérience du Sacré (ou numen ) : "Le fait est que l'approche du numineux s'avère être la thérapie essentielle ; dès que l'on parvient à l'expérience numineuse, on se trouve libéré du joug de la maladie". Le fondement des psychothérapies transpersonnelles se trouve dans cette découverte.
Roberto Assagioli (1888-1974) a été un ami de Jung et de Desoille et a mis au point la "Psychosynthèse" dans la même orientation transpersonnelle : "Le but ultime de la psychosynthèse est celui d'amener le sujet à prendre conscience du Soi transpersonnel". Mais cela doit avoir été préparé par une psychosynthèse personnelle où l'on a renoué avec le processus de croissance ou d'auto-réalisation et intégré ses différentes sub-personnalités.
par Marc-Alain DESCAMPS dans Histoire DU TRANSPERSONNEL